Amboise

In vicis quoque id est Alingaviensi, Solonacensi, Ambacensi, Cisomagensi, Tornomagensi, Condatensi, destructis delubris baptistaire gentibus ecclesias edificavit. (Grégoire de Tours, Histoires X, 31.)

Saint Martin a également édifié des églises dans des bourgs : Langeais, Saunay, Amboise, Ciran, Tournon, Candes, après avoir détruit les temples païens et baptisé les habitants.


Saint Martin à Amboise

Ancien capitale des Turones, Amboise porta d’abord le nom d’Ambatia. (Vicus Ambatiensis, selon Sulpice Sévère au ve siècle). À l’époque romaine, un camp était organisé par les Romains sur la colline ; une ville se développa à l’ouest du coteau opposé, où se trouve l’église Saint-Denis, avec Forum, temple, basilique. Ce quartier garda longtemps la désignation de « Vieille Rome ». Vers 374, Martin y envoya un de ses prêtres, nommé Marcellus, et lui recommanda à plusieurs reprises de détruire ce repaire d’idolâtrie. Mais une armée aidée de la population entière et donc encore moins de quelques faibles moines ne pouvait renverser ce monument imposant : une tour ronde construite en pierre de taille et en forme de pyramide. Las d’attendre, Martin se rendit lui-même à Amboise. Il passa une nuit à prier. Le lendemain matin, un ouragan très puissant se déchaîna et démolit entièrement le temple. « Je tiens le fait de Marcellus qui en fut le témoin », dit Sulpice Sévère. 
Ce temple comportait sans doute un pilier de Jupiter semblable à celui qui a été reconstitué en partie à Yzeures-sur-Creuse. Aussitôt Martin fit élever à la place une église, peut-être à l’emplacement de l’actuelle église Saint-Denis, et fonda ainsi la première église rurale de Touraine, comme l’atteste Grégoire de Tours. Puis vinrent les paroisses de Langeais, de Saunay, de Tournon-Saint-Pierre, de Ciran et de Candes. Ces paroisses ou diocèses se situaient loin du chef-lieu du diocèse, et constituaient en fait des relais spirituels dirigés par un clerc. Une moitié se situe sur un cours d’eau : Candes, au confluent de la Loire et de la Vienne, Amboise et Langeais sur la Loire. L’autre moitié se situe sur le plateau, deux au sud, Ciran et Tournon-Saint-Pierre, et une au nord, Saunay.

La plupart des églises bâties à cette époque gallo-romaine ont été ruinées par le temps et remplacées par la suite par des églises romanes. Mais on en retrouve souvent les traces, ainsi que celles des temples païens qui les précédaient, quand on procède à des fouilles. On trouve aussi à proximité, dans la plupart des cas, des restes de voies romaines. Au temps de Martin, les populations gallo-romaines dans les campagnes étaient relativement peu nombreuses et très dispersées. Les Romains, en créant de larges routes droites, munies de relais et de postes de gardes, attirèrent toute la circulation du commerce et des foires pour leur confort et leur sécurité. Aux carrefours se concentrèrent de gros villages, où se bâtirent des temples païens : Amboise était une station sur la route de Genabum (Orléans) à Juliomagus (Angers) tout comme Candes et Langeais à proximité de cette route. De même, Saunay était située sur la voie qui conduisait de Tours à Autricum (Chartres), Tournon-Saint-Pierre sur la route de Tours à Argentomagus (Argenton). En édifiant les nouvelles églises à l’emplacement de ces temples, et en même temps aux principaux carrefours de la vie rurale du 4e siècle, Martin portait un coup mortel aux cultes païens et installait les nouvelles paroisses au cœur de la vie paysanne.


A VOIR
Église Saint-Denis
A partir de 1107 (et du 15e au 19e) et classée monument historique depuis 1968. D’architecture romane, elle fut bâtie par Hugues 1er, seigneurs d’Amboise à l’emplacement de la première église élevée au IVe siècle par saint Martin. À l’intérieur de l’église, on peut admirer un tableau représentant la Charité de saint Martin.

Vitraux de Lobin
Les vitraux de l’église, de Lobin, datent de 1880. On peut voir deux verrières dédiées à saint Martin, composées de cinq médaillons :

La première représente les scènes suivantes :
- Saint Martin accueilli par saint Hilaire.

- Saint Martin bénit un clerc.

- Fondation de Marmoutier.

- Hésitations de l’Empereur Maxime au procès des Priscillianistes.

- Guérison de la paralytique de Trèves.


La deuxième représente :

- la Charité de saint Martin.

- Saint Martin renverse l’idole sur le piédestal.

- La Messe de saint Martin.

- Saint Martin évêque de Tours.

- La mort de saint Martin.


Château royal
Avant d’être rattaché à la couronne en 1434, le château appartenait, depuis plus de quatre siècles, à la puissante famille d’Amboise. De nombreux rois de France ont séjourné au Château royal d’Amboise, dont Charles VII et Louis XI, qui fut le plus assidu à se rendre au Tombeau de saint Martin à Tours.

Le Clos Lucé (classé MH depuis 1862)
Manoir situé sur les hauteurs d’Amboise, où Léonard de Vinci, invité par François Ier, passa ses dernières années, de 1516 à sa mort, le 2 mai 1519. Le manoir et le château d’Amboise étaient, dit-on, reliés par un souterrain, pour permettre au souverain de rendre visite à l‘homme de science en toute discrétion. Le château appartient aujourd’hui à la famille Saint-Bris.


Liens utiles :
Le Château et la Halle muséographique sont ouverts toute l’année, tous les jours sans interruption (sauf le 25 décembre et le 1er janvier). Le Parc Leonardo da Vinci est ouvert tous les jours de mars à novembre (http://vinci-closluce.com/).