Carignan

La commune se situe à quelques kilomètres de la frontière belge. Les habitants de Carignan sont appelés les Yvoisiens; car, jusqu’en 1662, cette ville était connue sous le nom d’Yvois, aussi orthographié Yvoy, Yvoi, Ivoy, Ivois, Ivoix. Pendant la Révolution, la municipalité avait repris le toponyme Ivoy. Le site de Carignan est occupé au moins depuis l’époque romaine. Carignan était connue des Romains sous le nom d’Epoisso Vicus et elle fut le chef-lieu duPagus Eponensis/Evodiensis. C’était aussi une étape sur la voie romaine de Reims à Trèves dans L’Itinéraire d’Antonin. Au VIe siècle, dans son Histoire des Francs, Grégoire de Tours raconte sa rencontre avec saint Walfroy à Yvois (Eposium Castrum).


A VOIR
Basilique Saint -Martin d’Yvoy
Vers le VIe siècle, saint Wulfilaïc ou Walfroi, revenant de Tours avec des reliques du tombeau, érigea cette basilique au sommet d’une montagne, où il se retira lui-même pour extirper de la contrée le culte de Diane, très répandu dans les Ardennes, comme le prouvent d’antiques monuments. Cette église vit s’opérer des miracles, et les accusés venaient y prêter serment pour se purger.

Église Notre-Dame
L’actuelle église collégiale conserve dans ses grandes lignes, le plan qu’avaient établi les architectes du XIIIe siècle. Cette belle église gothique a connu de nombreuses vicissitudes liées à l’histoire tourmentée de la ville. Radicalement détruite en 1639 sur ordre du roi Louis XIII, elle fut reconstruite de 1661 à 1681 dans un style proche de l’original. Sous les bombardements et le harcèlement de l’artillerie française, du 14 mai au 11 juin 1940, l’édifice fut presque totalement détruit. Le clocher trop endommagé par l’incendie dut être abattu. L’église, entre temps classée, fut restaurée avec beaucoup de soins par les services des Beaux-Arts qui reprirent le style espagnol. Elle abrite quelques belles statues en pierre du XIVème et en bois du XVIIe.

Les fortifications
Jusqu’à son déclassement définitif en 1842, Carignan était entourée d’une enceinte à dix bastions et à deux portes, qui avait été relevée à partir de 1681. Courtines et bastions étaient surmontés d’une muraille crénelée, partiellement conservée près de l’ancien corps de garde de la Porte de Bourgogne. Les portes ont disparu au siècle dernier, mais sept bastions subsistent encore, dont trois situés au nord, qui remontent au XVIe siècle et possèdent des casemates souterraines à étages. Un circuit des remparts que l’on peut parcourir à pied est indiqué sur place.