Le Chesne, en contrebas du Lac de Bairon, se situe dans une sorte de cuvette sur un plateau calcaire ; d’où son nom d’origine latine, venant de catinus plat de terre (forme en creux du site). Par la suite, ce nom est devenu Kesne puis Chesne. Le canal des Ardennes reliant l’Aisne à la Meuse, creusé de 1823 à 1837, traverse le village. On est alors sur son bief supérieur ou bief de partage.
Le village faisait partie des donations de Clovis à Saint-Rémi de Reims. La collation en fut donnée à l’église de Mouzon au XIe siècle par l’archevêque Adalbero, qui consacra la plaque gravée dédiée à saint Remi dans l’église. Une grande partie de son territoire lui fut enlevée en 1137 pour être donnée à l’abbaye de Mont-Dieu. Au XIVe siècle, les habitants devaient le service en armes au comte de Rethel et l’abbaye de Saint-Remi, ayant des besoins d’argent, vendit une partie de ses biens. Le village fut dévasté pendant la guerre de Cent ans, les guerres de Religion, et la Fronde. Occupé par les Allemands de 1914 à 1918, détruit à 90 % en 1940, il fut reconstruit à partir de 1947.
Au cimetière, une stèle est érigée en hommage au zouave Coco, héros de la guerre de 1870, né au Chesne. A la mobilisation de 1870, il rejoignit le 1er régiment de zouaves dans l’armée Bourbaki ; il résista seul aux Prussiens dans le Jura avant de tomber.
Sur la façade de la mairie sont gravées les armoiries de la ville du Chesne, et le chêne, symbole de la commune. Elles représentent la colombe qui porte la Sainte Ampoule contenant l’huile destinée au baptême de Clovis puis au sacre des Rois de France. Selon la légende, les habitants du Chesne l’auraient retrouvée après qu’elle eût été volée par les Anglo-Bourguignons pendant la Guerre de Cent Ans. Les bourgeois de la ville eurent ainsi le privilège d’être présents au sacre.
VOIE ROMAINE
La voie romaine reliait Reims et Trèves. Il semble que Le Chesne y fut, à l’origine, une localité commerciale. Les traces de la voie romaine sont: l’emplacement actuel de la rue Notre-Dame et un profil du remblai et de l’assise de chaussée de cette voie, au lieu-dit le Chemin de Reims.
On trouve aussi, les traces d’un village agricole du IIIe siècle vers le lieu-dit les Fourches, et d’un diverticulum entre la voie romaine et ce village.
Il semble que le Chesne n’eut jamais de privilège, ni de ville franche, ni de commune, sous l’Ancien Régime. Les abbés de Saint Remi de Reims y étaient seigneurs et maîtres.
A VOIR
Eglise Saint-Jacques (XIVe, XVe, XVIe et XVIIIe siècles, classée par arrêté du 23 juin 1922, restaurée après la Seconde Guerre mondiale).
Eglise à clocher roman construite à la création du village au XIIe siècle (34 mètres). D’abord église Saint-Martin, rebaptisée Saint-Jacques-le-Majeur (1441) la voie romaine passant au Chesne étant l’une des routes du pèlerinage vers Saint Jacques de Compostelle. Agrandie au XVe siècle, transformée en style gothique, entourée d’un cimetière, lui même entouré de défenses avec pont-levis et fossés (fort).
Lavoir de la Barbonne (XIXe siècle)
Le ruisseau qui l’alimente prend sa source à quelques mètres puis disparaît dans son lit (sous-sol de calcaire karstique).
Croix de pierre, croix de carrefour (XI e ou du X e siècle, classée).