C’est un charmant village niché dans la vallée de la Ramberge, dédié à saint Audœnus, qui naquit vers 879 aux confins de la Touraine et du Maine. Son père le mit sous la protection de saint Martin envers qui il avait une très grande dévotion. L’enfant était, dit-on, frère de lait de Foulques le Bon, comte d’Anjou, futur père de Foulques Nerra. Dès l’âge de cinq ans, son père le confia à un prêtre de son service qui l’instruisit pour qu’il puisse entrer en 890, à l’âge de onze ans, au monastère canonial de Saint-Martin-de-Tours. Il fut aussi témoin de l’incendie du Monastère de Saint-Martin provoqué par les Normands en 903, ainsi que de la résistance victorieuse de la Cité de Tours aux assauts des envahisseurs.
Audœnus reçut une formation intellectuelle solide et fut attiré par la vie monastique. Il choisit de vivre en ermite près de la Basilique Saint-Martin, peut-être sur l’île de Saint-Cosme. Il reçut la prêtrise vers 905. Audœnus prit un rôle de premier plan en Touraine où toute la vie spirituelle de la région s’organisait à Tours, notamment à Marmoutier. Il avait 30 ans quand il quitta Tours pour devenir bénédictin (908). Très exigeant sur les règles monastiques qu’il désirait pratiquer, il découvrit enfin dans les montagnes du Jura le monastère à sa convenance, à Baume-les-Moines.
C’est à cette époque que Guillaume d’Aquitaine avait créé le monastère de Cluny (910). En 916, Audœnus fut élu deuxième abbé de cette abbaye. Audœnus demanda à son ami Théotolon, qui avait accepté l’archevêché de Tours sur son conseil, d’unir leurs efforts pour faire pénétrer sur les bords de la Loire « l’ordo cluniacensis », la manière clunisienne d’appliquer la Règle de saint Benoit. En 936, le pape Léon VII appela Audœnus pour réconcilier Albéric, patrice de Rome, avec Hugues, roi d’Italie. Audœnus mit fin à leur différent par le mariage du patrice avec la fille d’Hugues. Les voyages accomplis entre Saint-Julien-de Tours et Cluny, parfois jusqu’à Rome, furent nombreux pour renforcer l’influence des communautés monastiques autour d’un ensemble de dépendances comme
Saint-Julien-de-Tours ou Marmoutier. En 942, Audœnus se trouvait à Rome, quand il sentit que sa fin était proche. Il voulut revenir au plus vite en France, non à Cluny, comme on aurait pu le penser, mais à Tours, car son désir était de mourir auprès de saint Martin. Il arriva à Tours pour les fêtes martiniennes, le 11 novembre, tomba malade le 15 et mourut le 18 novembre, veillé par son ami Théotolon. Audœnus fut vite reconnu comme modèle de sainteté, tant son activité durant sa vie fut intense, efficace et en grande partie salvatrice à cette époque pour l’Église et la Chrétienté toute entière. En 1 060, l’abbaye de Marmoutier reçut la charte de donation des frères Foulques et Bernard de Limeray pour une terre « située entre Château-Renault et Amboise et la Fontaine de Merland, en deux endroits peu éloignés, l’un, une colline appelée Camp Secret, et l’autre, une vallée où se trouve un pin, nommée Pinu. Les moines de Marmoutier construisirent une église en cet endroit qu’ils dédicacèrent sous le nom de Sanctus-Audœnus-de-Pinu. La paroisse se développa, mais le pin ne résista pas aux ans, et la forêt prit le dessus. En 1229, la paroisse prit le nom de Sanctus Audœnus de Nemore (Saint-Ouen-du-Bois) et le garda jusqu’à la Révolution. Elle devint Saint-Ouen les-Vignes en 1920. L’église est classée monument historique depuis 1932. Le clocher possède une horloge qui porte l’inscription : « Le temps fuit, l’éternité s’avance ». Elle possède une statue de saint Martin évêque. Devant le porche, subsiste un arbre de la Liberté planté en 1792 lors d’une grande fête révolutionnaire.
A VOIR
Eglise
L’église primitive du XIe siècle, l’actuelle nef méridionale (dont on aperçoit encore des baies bouchées dans l’enduit intérieur) fut agrandie à la fin du XVIe siècle par la construction d’une nef nouvelle, parallèle, côté nord, réunie à la précédente par une arcade classique. Un autel, dédié à la Vierge Marie, complète cette nouvelle nef ; il provient de l’ancienne abbaye de Fontaine-les-Blanches dont il subsiste des vestiges sur a commune voisine d’Autrèche. Un petit orgue de salon, en bois peint, récemment restauré, se trouve dans l’ancienne nef sur une tribune en charpente. Il provient, dit-on, du château de Chanteloup, démantelé au XIXe siècle, sur la commune d’Amboise. Par son porche couvert en tuiles, ouvert sur la vallée de la Ramberge et son clocher en pierre, construit au début du XVIIe siècle, l’église de Saint-Ouen-les-Vignes offre à la vue un ensemble particulièrement pittoresque. Dans la petite chapelle Saint-Laurent, accessible autrefois directement du château, reposent les restes de Carlo Vigarani, décédé en 1713. Une plaque commémorative a été scellée en juin 2005 à l’issue d’un colloque international pour rappeler le souvenir de cet ancien seigneur du lieu. L’église a été classée « monument historique » en 1932.
Moulin de St Ouen
Le moulin du village, dépendant autrefois du Château, conserve un bâtiment du XVIIIe siècle. Récemment acquis par la commune avec les étangs, il abrite des services communaux et communautaires.