Les fêtes de Saint Martin
A Marmoutier, on célébrait plusieurs fêtes liées à des dates martiniennes importantes :
- Le 04 juillet : la Saint Martin d’Été, qui commémorait la consécration épiscopale du saint.
- Le 11 novembre : la Saint Martin d’hiver. Jour de l’inhumation du saint, c’était la fête la plus importante.
- Le 13 décembre : la Reversion, ou le retour de la Châsse avec les reliques de saint Martin rapportées d’Auxerre au 10e siècle.
- Le Dimanche Pascal : la Saint Martin du printemps, en mémoire de la pêche miraculeuse faite par le diacre Caton, intendant de Marmoutier, un certain jour de Pâques. Grâce à l’intercession de son saint patron, le diacre tira du fleuve un énorme brochet. En souvenir de cette pêche à la Saint-Martin de Printemps, les Tourangeaux se rendaient en barque à Marmoutier, pour visiter les grottes habitées par les compagnons de saint Martin. Cette procession sur l’eau s’effectuait dans des nefs fleuries.
- Le 12 mai : la Subvention rappelant la déroute miraculeuse des Normands en 903.
Sur les routes
Si Martin aimait la vie à Marmoutier, ce n’était pas pour s’y enfermer ni pour se soustraire aux devoirs de sa charge. En attirant un grand nombre d’hommes vers la vie monastique, Martin fit naître également une multitude de vocations missionnaires. En effet, de temps à autre, il quittait la communauté avec ses disciples pour aller annoncer l’Évangile. C’est à ce moment-là que le grand mouvement monastique que déclencha Martin joua un rôle capital : Marmoutier allait aussi devenir le premier séminaire, grand centre d’évangélisation de la Gaule. En 375, Martin commença ses grandes randonnées à travers les campagnes. D’abord en Touraine, mais également bien au-delà de tout le territoire des Gaules.
Il circulait alors dans le plus modeste des équipages. Pas d’escorte pour le protéger, pas de vêtements somptueux, il était vêtu seulement de son modeste manteau noir. Il emmenait avec lui quelques moines. Rien ne le distinguait du commun des hommes. Partout où il se rendait en mission, dans son diocèse, il employait la même méthode : il détruisait les temples païens avec leurs idoles, il bâtissait au même endroit une église, baptisait les paysans et installait un prêtre à demeure au milieu d’eux. Ainsi, le missionnaire coupait le paganisme à la racine, mais il ne se contentait pas de passer et de laisser les nouveaux chrétiens livrés à eux-mêmes. Il les rassemblait en une paroisse.
Le biographe mentionne que, lors des tournées pastorales entreprises par Martin, celui-ci logeait dans la sacristie des églises placées sur son itinéraire, où on lui préparait une installation convenant à ses goûts de vie monastique. Il voyageait dans le but unique d’enseigner et de convertir les populations : il prêchait la foi partout où il passait. Il rayonna depuis Marmoutier en direction d’Angers, Le Mans, Chartres, Paris, Autun… mais aussi de Luxembourg et de Trèves.