Proverbes et dictons
« Tomber du mal de saint Martin » se dit des gens qui, ayant trop bien martiné les vins, sont terrassés par l’ivrognerie. Le « mal de saint Martin » c’est donc l’ivresse, mais « toute eau » la guérit. Le « mal de saint Martin entre par la bouche ; il sort de même et quelquefois autrement ». Ce « mal » particulier est considéré par les bonnes gens de Touraine d’une façon bien ambiguë !
Ils savent que « martiner » veut dire goûter le vin nouveau, et l’on considère qu’« il n’y a pas demi-mal au mal de saint Martin », que « les femmes parfois y voient du bien et que parler mal du mal de saint Martin, c’est l’avoir eu ou vouloir l’avoir ».
En Touraine, mettre le tonneau en perce, se disait encore « martiner le vin », et « faire la Saint Martin », c’est faire du bruit.
« À la Saint Martin, le moult passe pour vin ».
« Saint Martin boit le bon vin et laisse l’eau courre au moulin ».
« Il y a plus d’un âne à la foire qui s’appelle Martin ».
« À la Saint Martin pousse l’âne et boit le vin ».
« Qui commande ici, Martin ou l’âne ».
« Autant marche saint Martin, comme un autre âne ».
« L’âne de Martin porte la charge sans s’en rendre compte ».
« Martin cherchait son âne alors qu‘il était monté dessus ».
« Pour un point, Martin perdit son âne ».
« Saint Martin fait toujours du foin pour son âne ».
« Ce que Martin ne mange pas, son âne le mange ».
« On ne connaît pas Martin, pour le voir courir ».
Attaque de saint Martin sur la route d’Amboise
La tradition raconte qu’une violente altercation eut lieu un jour sur la route d’Amboise. Il arriva une pénible mésaventure à Martin alors qu’il se trouvait isolé un peu en avant de ses moines. En arrivant à sa hauteur, les mules d’un chariot prirent peur et mirent le désordre dans toute une file d’attelages. Le chariot était monté par des miliciens du fisc, ceux-ci attribuèrent la frayeur des mules à ce pauvre moine qui circulait, ils se précipitèrent sur lui et le frappèrent à coups de fouet. Martin ne protesta pas et resta inanimé, affreusement meurtri, sur le bord de la route. Lorsque les miliciens apprirent qui ils avaient frappé, ils accoururent pour le supplier de leur pardonner. Martin, aux mains de ses moines occupés à le soigner, bénit la troupe de ses assaillants. Sulpice Sévère et Paulin de Périgueux placent cette anecdote sur une de ces levées (Agger publicus) que les romains avaient déjà fait construire en plusieurs endroits au bord du fleuve. L’évêque serait allé visiter la paroisse qu’il avait établie à Amboise.