Chartres

Saint Martin à Chartres

À Chartres, saint Martin opéra une guérison qui eut un grand retentissement. Un père lui présenta sa fille, muette de naissance. Les deux évêques de Chartres et de Rouen se trouvaient auprès de Martin. Après avoir fait retirer la foule, en présence de ses deux collègues, il se mit en prière, suivant son habitude, bénit un peu d’huile qu’il introduisit dans la bouche de la petite fille. Aussitôt, cette dernière appela son père pour la première fois.

La ville

A 90 km de Paris, au cœur de la Beauce riche région agricole céréalière souvent présentée comme le grenier à blé de la France, la ville est célèbre pour sa cathédrale, que Rodin avait nommée « l’Acropole de la France », ainsi que pour ses nombreux pèlerinages. Elle conserve un important patrimoine bâti ancien le long de ruelles médiévales. La devise en latin de Chartres est « servanti civem querna corona datur » qui signifie « A celui qui sauve un citoyen est donné une couronne de chêne ». Il s’agit là d’une tradition de la Rome antique : la couronne de chêne était décernée à tout citoyen ayant, sur le champ de bataille, sauvegardé l’existence d’un de ses concitoyens.

L’actuel département d’Eure-et-Loir correspond à la partie centrale du territoire des Carnutes dont Chartres était la capitale, sous le nom d’Autricum. Elle était alimentée en eau par deux aqueducs, on y trouvait également un important amphithéâtre, au moins un forum ainsi que des temples.

Évangélisée au milieu du IIIe siècle par saint Altin et saint Eodald, Autricum était, à la chute de l’Empire romain, l’un des évêchés les plus vastes des Gaules. Les premières installations de bâtiments chrétiens, attestés par quelques textes, laissent supposer qu’à la fin du VIe siècle nombreux étaient les établissements religieux à Chartres, alors dirigés par l’évêque. En 876, un don du roi de France, Charles le Chauve (823–877), le Voile de la Vierge, fut à l’origine d’un important pèlerinage qui fit la richesse de la cité et la puissance des institutions religieuses locales.

Au IXe siècle, les Normands ravagèrent les terres environnantes à plusieurs reprise et, en 858, détruisirent la ville et sans doute la cathédrale. Celle-ci fut reconstruite, tandis que les Chartrains érigeaient les premiers remparts. Lors d’une seconde attaque, en 911, le chef normand Rollon se heurta à la résistance qu’organisa l’évêque Gantelme. À l’approche des renforts, l’évêque n’hésita pas à faire diversion. D’après un récit du XIIe siècle, il fit fuir l’ennemi en brandissant la chemise de Marie, relique majeure de la cathédrale. Cette victoire, attribuée à l’intercession de la Vierge elle-même, ne fit qu’accroître dans les siècles suivants le rayonnement du pèlerinage, qui, à la faveur des dons, facilite le financement de la cathédrale actuelle.

Une autre source de cette puissance résidait dans la richesse de la Beauce où le chapitre de la cathédrale possédait de grands domaines. C’est de cette richesse et de cette puissance que découlèrent les cathédrales successives.Cet éclat matériel se doubla alors d’une grande renommée intellectuelle. L’évêque Fulbert de Chartres se trouva à l’origine du développement de l’École de Chartres qui s’épanouit pendant près de deux siècles. À côté de maîtres célèbres comme Thierry de Chartres ou Bernard de Chartres, il faut également noter la place de l’évêque Yves de Chartres qui fut l’un des grands canonistes de l’Église.

La vieille ville de Chartres est située sur un promontoire rocheux que contourne l’Eure, dans la plaine de Beauce. Après l’occupation de la colline, la ville s’est étendue sur une langue de terre constituée par deux bras de l’Eure ainsi que sur une pente douce du côté opposé à la rivière. La vieille ville se compose de deux parties du centre-ville, la ville haute, autour de la cathédrale et la basse ville, aux bords de l’Eure et de ses bras, qui constitue un ensemble remarquable de rues, ponts et édifices médiévaux et Renaissance.

Chartres est traditionnellement un lieu de pèlerinage à la Pentecôte.

Autrefois grand marché agricole, Chartres accueille aujourd’hui des entreprises renommées, dont les ateliers de parfumerie Guerlain ou de Paco Rabanne, qui en ont fait la capitale de la parfumerie (Cosmetic Valley).


A VOIR
Cathédrale Notre-Dame de Chartres
L’une des plus grandes cathédrales gothiques dédiées à la Vierge dans la France septentrionale pendant les XIIe et XIIIe siècles. Elle est inscrite sur la liste du Patrimoine mondial de l’humanité depuis 1979. La cathédrale est élevée sur un promontoire, butte naturelle qui domine l’Eure d’une trentaine de mètres. C’est à l’évêque Fulbert (1006-1028), l’un des plus grands intellectuels de son temps, que l’on doit la construction de la cathédrale qui fut dédicacée en 1037. En 1836, un incendie accidentel détruisit l’ancienne charpente en bois. La toiture fut reconstruite en fonte de fer avec une couverture en cuivre qui demeure aujourd’hui une des particularités de la cathédrale de Chartres.

Les vitraux de la cathédrale de Chartres sont considérés comme les mieux préservés de l’époque médiévale. Ils sont notamment célèbres pour leurs couleurs, le «bleu de Chartres» est une référence mondialement reconnue. Ils couvrent une surface totale de 2600 m² et présentent une collection unique de 172 baies illustrant la Bible et la vie des saints, mais aussi des corporations de l’époque.

Aujourd’hui, Chartres reste pour tous les artisans verriers une étape obligée et une source d’émerveillement. La ville rassemble plusieurs ateliers de maîtres verriers et le Centre international du vitrail, installé dans l’enclos de Loëns, à l’ombre du sanctuaire, contribue au rayonnement de cet art dans le monde.


Eglise Saint-Pierre (XIIe-XIVe siècles)
Edifice de premier ordre qui présente quelques parties romanes, notamment le clocher donjon.

Ancienne église monastique Saint-Martin-au-Val
Ancienne basilique et abbaye, où, dès le VIe siècle, saint Léobin, évêque, et saint Laumer, abbé, se firent ensevelir ; donnée à Marmoutier en 1128, et aux capucins en 1664. Son chœur surélevé recouvre une crypte remarquable où l’on voit quatre sarcophages d’évêques de Chartres morts au VIe siècle. On pense que c’était le lieu de sépulture des premiers chrétiens de la ville de Chartres, que saint Martin le Blanc (Candidus), un de ses plus anciens évêques, devint le premier patron de la basilique après y avoir été enterré, et que l’évêque de Tours lui fut substitué ensuite à cause de l’éclat des miracles qu’il fit dans le pays.

Maison Picassiette (ou la Maison aux mille morceaux)
C'est un exemple d’architecture naïve constituée de mosaïques de verre et de faïence coulés dans le ciment. Elle fut construite par Raymond Isidore (1900 -1964), dit Picassiette.

Maison à colombage dite « maison du Saumon »
La place de la Poissonnerie constitue un très bel ensemble architectural qui regroupe la maison du Saumon ainsi que la maison de la Truie qui file. Ce quartier était attesté comme lieu de vente du poisson depuis le début du XVe siècle; le dernier étal a disparu après 1950. Jusqu’au XVIe siècle, le poisson de mer parvenait par des bateaux remontant d’abord le cours de la Seine puis celui de l’Eure. Enfin, ils repartaient vers Rouen, chargés de produits locaux. Autrefois, la place de la Poissonnerie était entièrement entourée de maisons à pignons, qui furent démolies vers 1870 puis en 1960. La Maison du Saumon fut habitée par Catherine Maubuisson, dame de Borville, à la tête d’un important négoce d’import export. Outre le saumon, la façade présente une Annonciation et saint Michel terrassant le dragon. En 1950, la façade et les combles de l’immeuble ont été classés monuments historiques.